La jeune femme qui tenait ce commerce avait d'autres malheurs. Elle était belle, charmante, mais elle sécrétait autour d'elle la solitude; dans ce désert physique et mental, rien ne pouvait pénétrer. Je suppose qu'un djinn malin avait eu d'autant plus de facilité pour étendre ce désert au domaine commercial; en bon prestidigitateur, il s'amusait à faire disparaitre la devanture du magasin qui ne réapparaissait que la nuit et les jours fériés.
Ayant pris rendez-vous avec elle, je me rendis à l'heure dite à l'adresse indiquée, et repassait 20 fois devant le numéro de la rue ou devait se trouver le magasin, sans le voir. Avant de renoncer à mon rendez-vous, je décidait de rentrer dans l'immeuble portant le numéro inscrit sur la carte commerciale. Dans le couloir intérieur, à côté de la loge du concierge, il y avait une porte vitée qui donnait entrée au magasin que j'avais cherché en vain dans la rue. De ce côté là, tout était bien visible: les comptoirs, les marchandises, la caisse, le téléphone, les affiches publicitaires, et la patronne des lieux, contemplant avec mélancolie à travers la vitre de son étalage sur rue les gens qui passaient sur le trottoir sans la voir.
C'est une impression aussi angoissante que celle de la traversée du mirioir; on snet souaint qu'il y a deux côtés des choses, et que l'on se trouve réellement d'un seul côté. Dans ce magasin, j'éais comme derrière une glace sans tain: je voyais, mais n'étais pas vu. Il me semblait être passé moi aussi dans le monde invisible.
JE PRECISE CETTE HISTOIRE NE M'EST PAS ARRIVEE !

